Je n'ai pas toujours été prof de yoga.

J’enseigne le yoga depuis bientôt deux ans, et depuis un an c’est mon activité principale. Je suis autoentrepreneure et je gère ma petite entreprise comme une grande !



Avant tout ça, j’avais une vie professionnelle bien différente, j’étais commerciale dans le domaine des formations linguistiques, puis conseillère pédagogique / chargée de relation client. Je me suis improvisée RH quand on me l’a demandé, mais aussi assistante administrative, traductrice, interprète ou encore community manager.


Après mon Bac Littéraire, j’ai intégré une école de commerce en 5 ans, avec une année de césure à l’étranger et mes Masters 1 et 2. J’étais bien décidée à devenir une femme d’affaires influente, riche, et déterminée à gravir les échelons pour assouvir ma soif de pouvoir. Oui, j’étais comme ça. J’avais étudié 5 ans pour devenir une femme en tailleur, m’imaginant dans un appartement gris, lustré du sol au plafond, dans lequel rien ne dépasse, et où chaque pièce montre le succès mais l’absence de vie sociale. Je vous assure, j’avais vraiment en tête un appartement bien précis, mais tout gris tout triste, sans un objet qui traine alors que je suis une vraie bordélique qui adore les couleurs et qui a besoin d’éparpiller des choses puis les ranger pour me sentir bien.


Je m'imaginais dans un appartement gris, où chaque pièce montre le succès mais l'absence de vie sociale.

Mais revenons à mes études. 5 ans (ou plutôt 6) d’école de commerce pour devenir une manager, une entrepreneure, une femme d’affaires. Mais pourquoi cette obsession ?

Depuis que j’ai 6 ans, je suis dans le commerce. Mes parents ont eu un resto pendant 5 ans, j’ai pris mes premières commandes toute seule à 8 ans, à 9 ans je connaissais la carte par cœur, à 10 ans je préparais les coupes glacées et milk shakes et à 11 ans je gérais une salle de 35 couverts, avec les cocktails, les tables à débarrasser et les additions tapées sur la caisse enregistreuse. J’étais une petite fille riche de ses pourboires, je n’ai jamais eu d’argent de poche, chez moi ça se gagnait en travaillant.


Quand on a quitté le resto j’étais terriblement triste. J’adorais cette double vie les weekends et vacances scolaires, je me sentais bien avec mon carnet de commandes en main, j’adorais accueillir des anglais.e.s avec ma phrase passe-partout « what do you want to drink, what do you want to eat ? ». Mon père m’a appris à servir une pression, à proposer de l’eau plate ou gazeuse plutôt qu’une carafe d’eau, je l’ai écouté conseiller un vin plutôt qu’un autre et je suis montée sur une chaise pour me faire entendre parmi une table de 12 hommes en plein enterrement de vie de garçon. Qu’est-ce que j’aimais cette vie en parallèle de l’école (à l’école, j’étais bonne élève mais j’avais peu de copines, je me sentais très en marge).

Alors après 5 ans de restauration, ma voie était tracée, je serai moi aussi dans le commerce !


J'adorais cette vie en parallèle de l'école, mon carnet de commandes en main.

J’ai « repris du service » 3 ans plus tard quand mon père a acheté une boite de nuit : j’étais au vestiaire, puis au bar. Entre 13 et 18 ans, je passais mes weekends à côtoyer des client.e.s alcoolisé.e.s mais je m’en fichais : j’aimais le contact avec les client.e.s, j’étais fière de travailler pour mon père et je mettais de l’argent de côté pour ma future vie d’adulte 😊. J’ai travaillé avec lui jusqu’à mes 20 ans, dans sa deuxième boite, en parallèle de mes études la semaine. Et un jour j’en ai eu marre, je n’avais pas de weekend et j’étais crevée dès le lundi. J’ai troqué la boite de nuit pour des extras chez un traiteur, c’était moins prenant !


Toutes ces expériences, si je vous en parle, c’est parce que ça fait partie de moi, c’est un gros pan de ma personnalité. La tchatche, la sociabilité, la bonne humeur, la découverte de l’autre, j’ai baigné dans tout ça depuis si longtemps ! Alors pour moi, une école de commerce c’était logique… Et pourtant pas vraiment ! Après mes études je suis devenue commerciale oui, mais pas commerçante.


Cette vie que j’avais idéalisée m’a fait déchanter au bout de quelques années.

Dans un prochain article, je vous parlerai de ces 4 années en tant que commerciale et comment cette expérience a pu être à la fois enrichissante et destructrice.

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