Mon parcours de yogi débutante

Dans cet article assez long, je vous raconte comment j'ai découvert le yoga il y a 5 ans et pourquoi je suis devenue accro à cette discipline.


En avril 2015, je me fais une luxation de la rotule, au genou gauche, pour la deuxième fois. Ce soir-là, je danse un twist déchainé, très alcoolisée et c’est le drame. Retour en urgence chez mes parents, radio, rééducation, repos, béquilles … je revis le même enfer que 2 ans plus tôt. Comme si j’avais pas compris la leçon. A cette époque en 2015, je vis à Paris depuis 4 mois, après 1 an et demi d’expatriation en Allemagne. Je connais très peu de monde à Paris, je saisis alors chaque opportunité pour sortir avec mes collègues et faire la fête. Je travaille beaucoup, je reste souvent tard le soir avec un apéro pour faire passer le truc, et j’ai une très mauvaise hygiène de vie. Alcool, tabac et malbouffe à gogo. Donc mon corps a dit stop.

Après la période de rééducation de mon genou, je rentre à Paris, et je me dis qu’il est grand temps que je me reprenne en main en faisant du sport et en changeant de rythme. J'entame mon énième régime WeightWatchers, obsédée par l'idée de maigrir. Mais pour une fois ça ne durera pas, ce sera même mon dernier, mais on en reparlera dans un autre article. A cette époque, les pass sportifs font leur apparition, et je suis contactée par une commerciale de SoMuchMore (aujourd’hui devenu UrbanSportsClub). Le principe est simple, on paye un abonnement mensuel et on accède à plein de studios parisiens qui proposent boxe, yoga, bootcamp, aquabike, zumba, pilates … Je m’inscris direct et je commence à tester plein de choses. Le yoga me tente, j’en entends parler depuis quelques temps autour de moi, j’ai une opinion faussée de ce que c’est et je suis loin d’imaginer ce qui m’attend derrière la porte d’un studio.

Le yoga me tente, j’en entends parler depuis quelques temps autour de moi, j’ai une opinion faussée de ce que c’est et je suis loin d’imaginer ce qui m’attend derrière la porte d’un studio.

Je teste plusieurs cours, j’y vais avec enthousiasme, et je constate vite une chose : où sont les femmes comme moi ? potelées, qui luttent avec l’élastique de leur legging, transpirent beaucoup et n’attrapent pas leurs pieds en se penchant ? je suis au royaume de la minceur, de la souplesse et des tenues de yoga hors de prix et sexy. Pourtant je m’accroche, car à la fin du cours, je me sens bien. Apaisée et calme. J’ai pas compris tous les mouvements, j’ai lutté avec mon souffle pour ne pas être en apnée, ça n’était pas un cours pour les débutants mais peu importe. Je me sens bien. J’ai créé une bulle autour de moi. A la fin du cours dans les vestiaires je cherche les regards, les sourires sur le visage d’autres élèves. Rien. Tant pis. Je garde ce petit bonheur pour moi (oui, j’adore engager la conversation dans les vestiaires même si c’est pas le meilleur endroit !). A partir de ce moment je me mets à tester plein de cours différents. Toujours du vinyasa. Ça me parle, ça « m’appelle ». Un lundi soir (un mois et demi après mes premiers pas de yoga) je reçois un mail du service client me disant que le cours que j’ai réservé est complet, et me proposant d’aller à un autre cours à la place. Ok. Bon, l’horaire est tardif mais c’est proche de chez moi alors j’accepte. Et là c’est la révélation. Le prof est tranquille, peu bavard, peu accessible (d’après mon ressenti) mais ses explications sont claires, je comprends ce que mon corps fait, je respire, et je m’écroule, épuisée, à la fin du cours au moment du savasana[1] . Je me sens tellement bien ! Encore plus apaisée que les premières fois. Je n’ai pas vu l’heure et quart passer, mon corps est en surchauffe et en même temps il est détendu, bien étiré, bien relaxé. Je ressors du cours avec un petit sourire aux lèvres, les tempes humides et les yeux brillants d’émotion. Dehors je marche pour rentrer chez moi et je me sens divinement bien.

Je ressors du cours avec un petit sourire aux lèvres, les tempes humides et les yeux brillants d’émotion. Dehors je marche pour rentrer chez moi et je me sens divinement bien.

Je n’ai jamais ressenti ça. Et pourtant, dans le cours, j’étais encore une fois la seule à être bien en chair, habillée avec mes vêtements de running, à m’éponger le front toutes les 3 minutes, à regarder autour de moi si « je fais bien les mouvements ». Je me souviens d’avoir observé les autres au moment de faire une inversion sur la tête, je ne me sentais pas prête à essayer, alors j’ai fait semblant et j’ai regardé autour de moi. Je me suis dit, plus tard, un autre jour, tu verras bien. Mon historique de réservation m’indique que j’ai suivi ce cours avec ce prof 37 fois. Ce cours qui m’a fait « accrocher » avec le yoga, ce rendez-vous du lundi soir devenu incontournable, cette parenthèse qui me permettait de commencer la semaine avec enthousiasme, en laissant de côté les petits tracas du quotidien pendant une heure et quart. Pendant 3 ans je vais faire du yoga une à deux fois par semaine, pour mon plaisir et je vais me rendre compte petit à petit que je me réconcilie avec mon corps trop longtemps maltraité. J’achète des leggings, je mange mieux, je me tonifie, gagne en force et équilibre, je m’assouplis physiquement mais aussi mentalement : j’apprends à prendre plus de recul sur les événements du quotidien, j’ai plus de joie de vivre même si ma vie professionnelle de l’époque me fait passer par des hauts et des bas très régulièrement. Le yoga devient mon petit refuge, ma soupape de décompression dans cette spirale parisienne. Je pratique d’autres sports à côté (boxe, bootcamp, indoor cycling) mais le yoga a ce truc en plus. Je ne complexe plus de faire 2 tailles de plus que mes voisines de tapis, je vois mon corps évoluer, c’est tout ce qui m’importe. Alors bien sûr, il m’est arrivé à certains cours de me sentir nulle, surtout quand il fallait se rapprocher d’un mur pour monter sur les mains et la tête. Je me blâmais d’être trop lourde, trop grosse, en me disant que c’était bien fait pour moi. Et quand le prof venait me donner un coup de pouce, ça allait mieux. Je ne le faisais pas seule mais je le faisais quand même !

Cette pratique hebdomadaire m’a énormément aidée à voir mon corps différemment. Ça n’a pas résolu tous les conflits, je ne dis pas ça, mais ça a contribué à plus de bienveillance, j’ai pris conscience de tout ce que mon corps me permettait de faire et j’ai appris petit à petit à voir les choses sous cet angle. Plutôt que de me dire, mon genou est fragile, je ne peux plus courir ni sauter, je me dis, regarde la force de tes jambes, l’équilibre, le gainage, la meilleure posture au quotidien.

Cette pratique hebdomadaire m’a énormément aidée à voir mon corps différemment.

Aujourd’hui je déplore le fait que certaines femmes (et hommes) n’osent pas tester le yoga de peur de ne pas être à leur place. J’ai compris en testant plusieurs cours et professeurs, qu’il y avait un style pour chacun.e accessible quelle que soit notre forme physique. Et surtout, ça ne sert à rien de rester dans un cours où l’on se sent mal, car il y en a plein d’autres ! Forcément c’est plus facile dans une grande ville comme Paris que dans une petite ville, mais les offres en ligne se démultiplient pour rendre le yoga accessible depuis chez vous. Si vous n’avez jamais fait de yoga et que ce témoignage vous donne envie d’essayer, dites-le moi en commentaire :)

[1] Savasana : posture finale de relaxation

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