Pourquoi je n'ai plus peur des passages à vide

Il y a encore quelques mois de ça, je ne supportais pas de ne rien faire, mes journées étaient tellement remplies, je courais d’un lieu à l’autre en permanence, je ne soufflais jamais vraiment.


Puis il y a eu le confinement, cette période où tout était propice au ralentissement général. Perche tendue que je n’ai pas vraiment saisie. Il était impensable pour moi de ne rien faire. Alors j’ai fait des listes, entrepris des grandes sessions de ménage et tri, transformé ma cuisine en cantine familiale (nous étions 2, mon chéri et moi, mais nous avons mangé des plats familiaux), donné plus de cours de yoga que mon corps pouvait supporter chaque semaine, j’ai râlé de ne pas lire tous les livres que je voulais, me reprochant de pas être assez organisée, de ne pas en faire encore assez etc.

Et c’est bien ça mon problème depuis toujours : la peur de ne pas en faire assez, de ne pas être assez. Remarquez, sans lui en vouloir, ma mère passe beaucoup de temps à me faire remarquer que ce n’est jamais assez bien : elle fait le ménage chez moi quand elle vient car ce n’est pas assez bien fait à ses yeux, elle juge mon corps sur les kilos pris ou perdus, elle m’apprend à coudre mais raccommode 3 pièces sur 4 car elle le fait plus vite et mieux. Donc bon, j’ai été à bonne école comme on dit dans ma Normandie natale !


J'avais peur de ne pas en faire assez, de ne pas être assez.

Revenons au confinement, au bout de 15 jours de ce rythme effréné, j’ai fini en pleurs dans mon lit, fatiguée mentalement et physiquement. Au bord de la crise de nerfs. Il fallait que je réagisse pour ne pas passer les prochaines semaines de cette façon. Donc j’ai divisé mon agenda par deux ou trois, j’ai arrêté les listes et j’ai revu mes priorités. Et le plus beau dans tout ça, c’est que cela ne m’a pas rendue moins heureuse ou moins productive. J’ai fait des grasses mat’, maté des séries dans mon canap’, j’ai lâché l’aspirateur que j’utilisais au quotidien pour le sortir 2 ou 3 fois par semaine seulement : je me suis tout simplement lâché la grappe.

Et aujourd’hui je me remercie d’avoir su lâcher prise. Alors certains jours, je ne vous cache pas que la petite voix dans ma tête dansait de nouveau la polka pour me dire de me bouger, d’en faire plus, mais j’apprenais toujours un peu plus à la faire taire ! Petit à petit j’ai dompté cette obsession de perfection, de tout bien faire. Personne ne me regarde ni me juge, alors que je ne vais pas avoir ce rôle avec moi-même !


J'ai divisé mon agenda par deux ou trois, et cela ne m'a pas rendue moins heureuse ou moins productive.

Ça m’a fait un bien fou, et je garde cette expérience en tête les jours où j’ai des coups de mou. Parfois ça dure une semaine, j’ai envie de rien, je vais bosser, j’aime toujours autant ce que je fais, mais j’ai du mal à aligner deux idées. Je préfère faire des siestes que lire des bouquins, je rejette toute forme de créativité et je cogite. Beaucoup. Je passe des heures à tourner des idées dans ma tête. Ça me fatigue et pour autant c’est ma façon de « processer » les choses. En quelque sorte je me pousse à bout. Je sais que j’ai une bonne idée mais j’ai la flemme de la concrétiser, je remets à plus tard. Et c’est là où cette phase inactive est bénéfique, car elle me prépare le terrain pour passer à l’action quand j’ai le déclic. Et ça marche. Ma bonne humeur revient, j’ai moins envie de dormir ou manger (ça va ensemble quand j’ai la flemme de tout), j’ai plein d’idées en même temps et je sens que je pourrais déplacer des montagnes !


Cette phase inactive est bénéfique, car elle prépare le terrain pour passer à l'action quand j'ai le déclic.

En rentrant de vacances début août, je suis passée par une période de « vide » de presque 15 jours. Tout me paraissait pénible, aller d’un lieu à l’autre, prendre soin de mon appart, prévoir des projets de rentrée … La n'aidait pas, mais même sous un air climatisé, je n’aurais pas eu envie de faire grand-chose. Alors j’ai écouté mon corps, j’ai fait des siestes, j’ai moins mangé (on progresse doucement sur ce sujet) et j’ai regardé ma série préférée dans mon canapé aussi souvent que j’en ai eu envie. Bien sûr j’ai continué de travailler, certains cours ont été annulés faute d’inscrits ou à cause du mauvais temps, mais tant pis. Je me suis tout de même motivée pour faire 2 séances d’aquabike, c’est déjà bien !


Je ne veux plus culpabiliser de ce que je fais et encore moins de ce que je ne fais pas. Je ne me dis plus que je suis une grosse feignasse qui se laisse vivre (et oui, avant je me serais décrite comme ça), je me dis simplement que tout passe, même les coups de mou. J’attends patiemment le retour des jours où j’ai une énergie folle et ça me va bien. C’est peut-être ça mon rythme de croisière, 15 jours à fond, 15 jours à plat.


Je vais tout lister mois après mois et je referai un bilan. Oui j’ai dit lister, on se refait pas :D

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